Cabillaud

Gadus morhua


www.guidedesespeces.org/fr/cabillaud
  • Atlantique Nord, des eaux canadiennes à la mer de Barents.
  • Chalut de fond / à perche
  • Filet droit
  • Ligne
  • Palangre
  • Cage flottante en mer

 


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Dernière mise à jour : juillet 2018

 

Le cabillaud, espèce la plus connue parmi les gadidés, vit en Atlantique Nord, des eaux canadiennes (à l’ouest) à la mer de Barents (à l’est). Poisson des eaux froides, il ne descend guère en-dessous du 48e parallèle Nord. La femelle atteint sa première maturité sexuelle lorsqu’elle mesure plus de 60 cm. La reproduction se fait à des températures comprises entre 4 et 6°C ; elle a lieu en mer du Nord, de février à avril. Le cabillaud peut exceptionnellement atteindre 2 mètres de long et peser jusqu’à 100 kg. Il peut vivre 25 ans.

 

Au chalut ou à la ligne

Le cabillaud, poisson très demandé et à forte valeur marchande, fait l’objet d’une exploitation intensive. En France, il est principalement pêché au chalut dans le cadre de pêcheries ciblées ou de pêcheries mixtes (associant d’autres espèces). Il est principalement pêché à la palangre et au filet droit par les Norvégiens, à la palangre et au chalut par les Islandais. 

 

La France a capturé 12 635 tonnes de cabillaud en 2015, les captures sont en augmentation depuis 2009 en raison de l’amélioration des stocks en Europe. La France importe 81 000 tonnes par an, en majorité transformé, de Chine, Danemark, Islande et Norvège et en exporte environ 3 700 tonnes par an.

La Belgique pêche 1 245 tonnes annuelles (2016) et importe en moyenne 1 800 tonnes de cabillaud (Gadus morhua) par an (2016) en provenance du Danemark, de l’Islande et des Pays- Bas. La Belgique importe également d’autres espèces de cabillaud : Gadus ogac, Gadus macrocephalus, Boreogadus saida.

 

 

Gestion des stocks

Plusieurs stocks distincts fréquentent l’Atlantique Nord-Est, première zone d’approvisionnement du marché européen. La capture du cabillaud est assujettie à une taille minimale européenne fixée à 30 cm dans le Skagerrak et le Kattegat, à 38 cm en mer Baltique et à 35 cm dans les autres zones. Les Suédois appliquent une taille minimale de 40 cm. La taille de première maturité sexuelle est supérieure à 60 cm (> 1,5 kg).

 

Le stock Nord-Est Arctique (sous-zones I et II au large), de très loin le plus important de l’Atlantique Nord-Est, jouit d’une pleine capacité de reproduction et son niveau actuel d’exploitation (partagé entre la Norvège (mer de Barents) et la Russie) est considéré comme durable, au niveau du RMD (Rendement Maximum Durable). Les scientifiques recommandent, en suivant le plan de gestion en cours, des captures de 712 000 tonnes pour 2018 (849 422 tonnes ont été débarquées en 2016). Le Skrei est le nom porté par le cabillaud au moment du frai, pêché quelques semaines au cours de l’hiver au large des Îles Lofoten (Norvège). La chair du cabillaud est différente pendant cette période et est appréciée par les Norvégiens. Les pêcheries ciblant le Skrei sont bien réglementées par le gouvernement norvégien ce qui assure une gestion durable même en pleine période de reproduction.

Le stock des eaux littorales de Norvège (sous-zones CIEM I et II, le long du littoral) souffre d’un recrutement faible et la population de reproducteurs serait l’une des plus basses historiquement observées. Un plan de restauration a été établi en 2011 par le gouvernement norvégien selon l’approche de précaution afin de réduire l’effort de pêche progressivement sur 7 ans, or les prises ont fortement augmenté en 2015 et 2016 et la pêche récréative est importante sur cette espèce.

Le stock d’Islande (sous-zone Va) : après une période de surexploitation de 1970 à 2005, le stock s’est reconstitué grâce au plan de gestion du gouvernement islandais instauré en 2009. La biomasse de reproduction et le niveau actuel de mortalité par pêche assurent la durabilité du stock. Le plan de gestion est en accord avec le maintien du RMD. Les scientifiques recommandent, en suivant le plan de gestion en cours, des captures s’élevant à 257 572 tonnes pour 2017/2018 (251 134 tonnes débarquées en 2015/2016).

• La capacité reproductive du stock du plateau des Îles Féroé (sous-zone Vb1) est faible. L’effort de pêche est au-delà du niveau du RMD. Le CIEM recommande de diminuer au maximum l’effort de pêche et d’établir un plan de gestion multipêcheries.

Le stock mer du Nord, Skagerrak et Manche Est (sous-zones IIIa, IV, et VIId) a connu une période de surexploitation de 1960 à 2016. La mortalité par pêche a fortement baissé depuis le début des années 2000 et la biomasse reproductive du stock a atteint le niveau du RMD en 2017. Il est désormais exploité durablement.

Le stock de mer Celtique (division VIIe–k) jouit d’une croissance plus rapide, avec une maturité sexuelle plus précoce que les autres stocks d’Atlantique Nord-Est. L’effort de pêche est cependant supérieur au niveau du RMD et le niveau de reproducteurs est affaibli.

Le stock Ouest de la mer Baltique (sous-division 22-24) est actuellement surexploité avec une biomasse reproductive affaiblie depuis 2008.

Le stock d’Écosse de l’Ouest (division VIa) est considéré comme épuisé. Il souffre d’une capacité reproductive réduite depuis les années 90, le CIEM recommande qu’aucune pêcherie ne cible ce stock et que les rejets et prises accessoires soient réduits à leur minimum afin de laisser le stock se reconstituer.

Le stock de mer d’Irlande (division VIIa) est exploité à un niveau durable depuis 2014 suite à une période de surexploitation depuis la fin des années 60. Le CIEM recommande pour 2018 des captures de 1 073 tonnes (82 tonnes débarquées en 2016).

 

Dans le cabillaud, tout est bon

Le cabillaud est devenu, au fil du temps, l’une des espèces préférées des Français et des Belges. Ses filets sans peau, vendus frais ou surgelés, sont fort appréciés. Après salage, alors appelé morue, il est depuis toujours le roi des fêtes pascales. Salé et séché, vendu ouvert en deux ou en morceaux, il fait le régal des Portugais (bacalhau), des Espagnols (bacalao) et des Italiens (baccalà). Séché mais non salé, appelé alors stockfish à Nice ou dans l’Aveyron, il est plus rare mais non moins savoureux. Dans le pays niçois, le ragoût local appelé « estocaficada » est fait à base de cabillaud séché, de pommes de terre, de tomates et d’huile d’olive. Les joues, fraîches ou salées, offrent de délicieux morceaux fondants et sans arêtes. Les rogues (poches d’oeufs), charnues et fumées, sont transformées en tarama. Le foie, dont on extrait la fameuse huile pour ses vertus sur la santé, est également commercialisé en conserve. La langue est si savoureuse que les pêcheurs des pays producteurs la gardent pour eux. L’estomac est consommé en Espagne et au Portugal.

 

 

À RETENIR

  • L’exploitation des stocks du Nord-Est Arctique (mer de Barents) et du stock islandais est considérée durable.
  • Après une longue période de surexploitation de 1960 à 2015, les stocks de mer du Nord et de mer d’Irlande sont désormais exploités durablement et les niveaux de biomasse consolidés.
  • Les stocks de mer Celtique, des Îles Féroé, d’Ouest mer Baltique et des eaux littorales de Norvège sont surexploités.
  • Le stock d’Ouest Écosse est considéré épuisé en raison de sa surexploitation depuis les années 80.
  • Évitez les achats de cabillaud (Gadus morhua) provenant des stocks qui sont surexploités ou épuisés.
  • Quatorze pêcheries (en Islande, Îles Féroé, Norvège, Danemark, Royaume-Uni, Espagne, France, Russie et Canada) de cabillaud de l’Atlantique Nord-Est, Gadus morhua, ainsi que deux pêcheries de cabillaud du Pacifique en Alaska, Gadus macrocephalus, sont certifiées MSC.

À SAVOIR

Certains stocks européens de cabillaud ont sévèrement décliné dans les années 2000- 2010. La pression par pêche des pêcheurs professionnels et des plaisanciers était très forte et la population trop faible pour permettre aux stocks de supporter l’effort de pêche. L’introduction de plans de gestion a modifié le comportement de pêche, avec à titre d’exemple, des évitements intentionnels de cabillaud ou la limitation de rejets. L’Écosse, l’Angleterre, le Danemark et la Suède compensent les efforts de limitation des rejets (enregistrés par caméra de vidéosurveillance CCTV) par des quotas additionnels de cabillaud.

L’Écosse a choisi un système de fermeture en temps réel pour éloigner les navires des zones d’agrégations de cabillaud. Les rejets de cabillaud sont interdits en Norvège et en Russie depuis 1987 et au sein de l’Union européenne progressivement entre 2016 et 2018 (nouvelle réforme de la Politique Commune de la Pêche).