Cabillaud | Guide des espèces

Cabillaud

Gadus morhua


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  • Atlantique Nord, des eaux canadiennes à la mer de Barents.
  • Chalut de fond / à perche
  • Filet droit
  • Ligne
  • Palangre
  • Senne
  • Cage flottante en mer
  • Bassin à terre

 


Dernière mise à jour : janvier 2022

 

Biologie

  • FAMILLE Gadidae.
  • TRAITS DISTINCTIFS : Corps allongé recouvert de petites écailles, grande bouche, barbillon sur la mâchoire inférieure, ligne latérale blanche.
  • HABITAT : Espèce démersale qui vit près des fonds, de la côte jusqu'à 600 m de profondeur en Atlantique Nord (des eaux canadiennes à la mer de Barents). Concentration maximale entre 150 et 200 m.
  • ALIMENTATION :
  • Crustacés, mollusques et poissons.
  • MATURITÉ SEXUELLE : 60 cm (3-4 ans/femelle) ; 45 cm (2-3 ans/mâle).
  • PÉRIODE DE FRAI : Mer du Nord : de février à avril.
  • LONGÉVITÉ : 20 ans.

 

Pêche

Le cabillaud, poisson très prisé et à forte valeur marchande, fait l’objet d’une exploitation intensive. La flotte européenne représente 94 % des débarquements mondiaux de cette espèce. La majorité des débarquements mondiaux proviennent de l’Atlantique Nord-Est, première zone d’approvisionnement du marché européen, et en particulier du stock Nord-Est Arctique. En France, il est principalement pêché au chalut dans le cadre de pêcheries ciblées ou de pêcheries mixtes (ciblant plusieurs espèces). La France débarque en moyenne 10 000 tonnes de cabillaud par an (depuis 2010). La pêche récréative est aussi très importante pour cette espèce. Environ 13 000 tonnes ont été capturées en 2019 par les plaisanciers dans les eaux littorales de Norvège.

 

 

 

Ce poisson très populaire est appelé morue lorsqu’il est salé et séché, et cabillaud quand il est frais.

Le Skrei est le nom donné à cette espèce en Norvège, quand elle est pêchée au moment du frai, pendant quelques semaines au cours de l’hiver, au large des îles Lofoten. La chair du cabillaud, alors différente pendant cette période, est très appréciée par les Norvégiens. Les pêcheries ciblant le Skrei sont bien règlementées par le gouvernement norvégien, qui assure une gestion durable même en pleine période de reproduction.

 

AQUACULTURE

Après une forte augmentation de la production de cabillaud d’élevage dans les années 2000, cette production a rapidement chuté après la crise économique de 2008 (l’élevage n’étant pas assez mature et les restrictions bancaires étant fortes). La production de cabillaud est assez faible aujourd’hui (524  tonnes en 2018). La Norvège est le principal producteur (94,5 %), suivi par l’Islande. La reproduction du cabillaud est réalisée en écloserie, avec des géniteurs capturés en mer. Le poisson est généralement prêt à être commercialisé après deux années d'engraissement. Les cabillauds d’élevage sont essentiellement consommés sur le marché local.

 

Gestion des stocks

Dans l'Atlantique Nord-Est, la pêche de cabillaud est soumise à un TAC (1) et à une taille minimale de capture. Des exceptions existent pour les eaux féringiennes (aucun TAC fixé depuis l'introduction d'un système de gestion de l'effort de pêche en 1996) et pour les eaux islandaises (maillage minimal fixé, mais pas de taille minimale de capture).

 

État des stocks de cabillauds dans l'Atlantique Nord-Est et en Méditerranée. 

Vert : stocks jugés en bon état ; Rouge : stocks dégradés et surpêchés ;

Gris : stocks non déclarés ; bleu : stocks non évalués.

 

Des plans de gestion existent pour les stocks suivants :

 

Nord-Est Arctique (au large)
  • Nouveau plan de gestion mis en place en 2016 par la Russie et la Norvège. Les rejets de cabillaud sont interdits en Norvège et en Russie depuis 1987.
Eaux littorales de Norvège
  • Plan de restauration mis en place en 2011 afin d’atteindre en 2021, 75 % du niveau du taux d’exploitation de 2009. • Islande : plan mis en place en 2015.
Stock mer d’Irlande, stock Manche Ouest et mer Celtique
  • Ces deux stocks sont inclus dans le « plan de gestion pluriannuel pour la pêche dans les eaux occidentales et les eaux adjacentes » approuvé par l’UE en 2019.
Stock Ouest de la mer Baltique, stock Est de la mer Baltique
  • Ces deux stocks sont inclus dans le « plan pour les stocks de cabillaud, de hareng et de sprat de la mer Baltique » approuvé par l’UE en 2016. La Russie n’a pas mis en place de plan de gestion pour le stock Est de la mer Baltique partagé avec l’UE
Mer du Nord, Manche Est et Skagerrak
  • Ce stock est inclus dans le « plan de gestion pluriannuel pour les stocks démersaux de la mer du Nord » approuvé par l’UE en 2018.

Taille minimale de capture

  • Au sein de l’UE
    • Atlantique Nord-Est : 35 cm
    • Skagerrak et Kattegat : 30 cm
  • Autres
    • Iles Féroé et Suède : 40 cm
    • Norvège et Russie : 44 cm

 

TAC ET AVIS SCIENTIFIQUES :

  • Stocks où les TAC suivent les avis scientifiques :
    • Islande (a), Nord-Est Arctique (a), Ouest de la mer Baltique (a)
  • Stocks où les TAC ne suivent pas les avis scientifiques : 
    • Stock mer du Nord, Manche Est et Skagerrak (b), stock eaux littorales de Norvège (a)

Stock Kattegat, stock Rockall, stock Manche Ouest et mer Celtique, stock Est de la mer Baltique, stock mer d'Irlande, stock Ouest Ecosse : des TAC sont établis pour le cabillaud capturé en tant que prise accessoire. Aucune pêche ciblée de cabillaud n’est autorisée dans ces zones.

 

Etat des stocks

• Nord-Est Arctique

Biomasse reproductive très élevée bien qu’en baisse récemment. Taux d’exploitation en augmentation mais < au niveau du RMD (2). Avis scientifique (plan de gestion) : limite des captures pour 2021 (≤ 885 600 t), > à l’avis pour 2020.

 

• Islande

Après une période de surexploitation, ce stock s’est reconstitué grâce au plan de gestion. Pas d’avis du CIEM pour 2021 mais avis scientifique donné par l’institut islandais*. Avis scientifique (plan de gestion) : limite des captures pour 2021 (≤ 256 593 t), < à l’avis pour 2020.

 

• Ouest de la mer Baltique

Biomasse reproductive légèrement < au seuil de durabilité. Taux d’exploitation en diminution (niveau le plus bas jamais atteint) mais encore > au niveau du RMD. Avis scientifique (plan de gestion) : limite de captures au RMD pour 2021 (5 950 t), < à l’avis pour 2020.

 

• Plateau des îles Féroé

Biomasse reproductive légèrement < au seuil de durabilité. Taux d’exploitation > au niveau du RMD. Avis scientifique (approche au RMD) : limite de captures pour 2021 (≤ 6 247 t), < à l’avis pour 2020.

 

• Kattegat

Biomasse reproductive à son niveau le plus bas. Les scientifiques recommandent aucune capture depuis 2019 (approche de précaution).

 

• Ouest Écosse

Biomasse reproductive < au seuil d’effondrement et ce, depuis 1993. Taux d’exploitation très supérieur au niveau du RMD. Les scientifiques recommandent aucune capture depuis 2003 (approche au RMD).

 

• Manche Ouest et mer Celtique

Biomasse reproductive < au seuil d’effondrement et ce, depuis 2017. Taux d’exploitation > au niveau du RMD. Les scientifiques recommandent aucune capture depuis 2019 (approche au RMD et de précaution).

 

• Mer du Nord, Manche Est et Skagerrak

Forte chute de biomasse entre 1970 et 2000. Malgré quelques signes d’amélioration dans les années 2000, la biomasse reste très faible. Taux d’exploitation élevé et en hausse depuis 2012. Avis scientifique (approche au RMD) : limite des captures pour 2021 (≤ 14755 t), > à l’avis pour 2020.

 

• Banc des îles Féroé

Biomasse très faible. Taux d’exploitation estimé à son niveau le plus bas. Les scientifiques recommandent aucune capture depuis 2008 (approche de précaution).

 

• Est de la mer Baltique

Biomasse reproductive et taux d’exploitation estimés très bas. Les scientifiques recommandent aucune capture depuis 2007 (approche de précaution).

 

• Eaux littorales de Norvège

Evaluation du stock difficile car la frontière entre la zone littorale et la zone du large est floue. Biomasse reproductive très faible depuis 20 ans.

 

• Rockall

Manque de données pour cette zone. Débarquements très faibles depuis les années 2000. Les scientifiques recommandent, depuis 2017, de ne pas augmenter les captures (≤ 14 t) (approche de précaution).

 

• Mer d’Irlande

Manque de données pour cette zone. Indice de biomasse en baisse (niveau faible). Avis scientifique (approche de précaution) : limite de captures pour 2021 (≤ 93 t), < à l’avis pour 2020.

 

 

Consommation

Le cabillaud est devenu, au fil du temps, l’une des espèces préférées des Européens. Il est vendu frais, salé et/ou séché, sous forme de filet, de darne ou entier, ou bien en morceaux. Son foie, ses joues, ses rogues (poches d’oeufs qui sont transformées en tarama) et son estomac sont aussi commercialisés. En France, il est le deuxième poisson frais, après le saumon, acheté par les ménages. En Belgique, c’est le poisson le plus consommé ; il représente avec le saumon la moitié des ventes de poisson frais (48 % des foyers en achètent).

 

 

MSC • Quatorze pêcheries sont certifiées. Le groupement de pêche Francais « Euronor et la Compagnie de Pêche de Saint-Malo », qui pêche en mer de Barents, est certifié depuis 2012.

 

ÉLÉMENTS CLÉS

  • Les stocks de cabillaud ont sévèrement décliné au cours des dernières décennies en raison d’une trop forte pression de pêche (professionnelle et de loisir). La majorité des stocks sont soit dégradés et surpêchés, soit effondrés.
  • Les seuls stocks en bon état sont ceux du Nord-Est Arctique et d’Islande. Ce sont les deux plus gros stocks et la majorité des cabillauds sur les étals en proviennent.
  • L’état des stocks de la mer d’Irlande, des eaux littorales de Norvège et de Rockall ne peut pas être qualifié précisément (en raison du manque de données). La biomasse des stocks de mer d’Irlande et des eaux littorales de Norvège n’est pas en bon état et les débarquements en provenance du stock de Rockall sont très faibles.
  • Le cabillaud fait l’objet d’élevage en Norvège et en Islande. La production est faible et n’alimente que les marchés locaux

RECOMMANDATIONS D'ACHATS

➜ À privilégier : stock Nord-Est Arctique, stock d’Islande.

➜ Privilégiez les individus ayant une taille > à 60 cm, ou les filets/darnes/morceaux issus d’individus matures ayant eu le temps de se reproduire.

➜ À consommer avec modération : stock Rockall.

➜ Privilégiez les individus pêchés à la ligne.

➜ À éviter : stocks mer Baltique, stocks îles Féroé, stock Kattegat, stock Ouest Écosse, stock Manche Ouest et mer Celtique, stock mer du Nord, Manche Est et Skagerrak, stock eaux littorales de Norvège, stock mer d’Irlande.