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Dernière mise à jour : août 2016

A quoi servent les écolabels en matière de produits de la mer ?

Un label offre la garantie que le produit qui le porte possède certaines caractéristiques relatives à sa production ou à sa composition. Il existe aujourd’hui de nombreux labels dans le secteur agro-alimentaire. Parmi eux, l’écolabel ou label écologique vise à promouvoir les produits qui ont un impact réduit sur l’environnement. Dans le domaine des produits de la mer, on distingue les écolabels destinés aux poissons sauvages et ceux destinés aux poissons d’élevage. Voici quelques informations pour mieux s’y retrouver.

 

Les écolabels pour les produits issus de la pêche

Il n’existe pas de cadre publique pour l’éco-étiquetage (ou écolabellisation) des produits de pêche. Cependant, un cadre internationalement reconnu a été établi par la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation) en 2005, comprenant des directives encadrant les systèmes d’éco-certification des pêcheries gérées de manière durable.

 

Le MSC (Marine Stewardship Council)

Le Marine Stewardship Council est une organisation non gouvernementale qui a créé un label identifiant les produits de la mer issus de pêcheries durables, en vue d’apporter une solution au problème de la surpêche. Cette ONG internationale opère auprès de pêcheries sur tous les continents. En 2016, 275 pêcheries sont certifiées MSC (soit environ 10 % des captures mondiales) et 103 sont en cours d’évaluation.

En France, huit pêcheries sont certifiées MSC à ce jour, et quatre sont en cours d’évaluation. Pour obtenir la certification MSC, chaque pêcherie doit démontrer qu’elle répond à 3 principes fondamentaux :

 

  • L’état des stocks de poisson : l’effort de pêche doit être à un niveau compatible avec la durabilité de la ressource. Toute pêcherie certifiée doit assurer la pérennité de son activité et ne pas surexploiter la ressource.
  • L’impact sur le milieu marin : les activités de pêche doivent permettre le maintien de la structure, de la productivité, de la fonction et de la diversité de l’écosystème dont la pêcherie dépend.
  • Le système de gestion de la pêcherie : la pêcherie doit respecter tous les règlements et lois locales, nationales et internationales en vigueur. Elle doit aussi avoir un système en place qui permette de maintenir la durabilité de la pêcherie lorsque les conditions évoluent.

Plus de 18 500 produits de la pêche commercialisés dans le monde portent à ce jour le label MSC : 1 146 produits le portent en France, 999 en Suisse, 851 en Belgique et 3 783 en Allemagne.

 

 

L’écolabel français Pêche Durable

 

Ce label, lancé fin 2014, est issu de la collaboration entre l’ensemble des acteurs français de la filière pêche, ainsi que des représentants de l’administration, des ONG, des scientifiques et des représentants d’associations de consommateurs. Deux consultations publiques ont per- mis de recueillir les avis de la société civile. Cet écolabel intègre les critères : “écosystème”, “environnement”, “social” et “qualité”. Les certifications sont attribuées par des organismes certificateurs accrédités par le COFRAC, organisme national d’accréditation, en conformité avec les normes internationales de certification (ISO 17065) et les lignes directrices de la FAO. Aucune pêcherie n’est encore certifiée à ce jour.

 

 

Le label Artysanal

 

Créé par le Forum mondial des pêcheurs et des travailleurs de la pêche en 2013, le label artysanal labellise les bateaux de moins de 14 mètres qui « intègrent des critères liés à la lutte contre la surexploitation des poissons, à la sécurité des pêcheurs et à la fragilité du secteur de la pêche artisanale ». Une pêcherie artisanale islandaise de cabillaud, la Nasbo (National association of small boat owners), a été certifiée en 2015 selon les critères du label artysanal et le groupe Elior (restauration d’entreprise) s’est associé à cette démarche.

 

 

 

Vers une norme internationale ISO pour les écolabels de pêche durable ? L’AFNOR, Agence Française de Normalisation, a lancé en juillet 2014 un travail ouvert à toutes les parties prenantes intéressées afin de définir des critères en vue d’établir une norme internationale ISO pour standardiser toutes les démarches actuelles de labellisation durable des pêches.

 

Et Pavillon France dans tout ça ?

Créée en 2010, la marque Pavillon France s’attache à promouvoir la consommation de produits issus de la pêche française. Il ne s’agit pas d’un label environnemental garantissant la durabilité des pêches ou des espèces capturées.

 

 

 

Les écolabels pour les produits issus de l’aquaculture

 

Le label “biologique”

Plusieurs standards d’origine publique ou privée co-existent sur le marché international: le label public “AB” en France, le label privé “BioSuisse” en Suisse, le label privé “Biogarantie” en Belgique, le label de la “Soil Association” au Royaume-Uni ou encore celui de “Naturland” en Allemagne. La réglementation européenne visant à arrêter les dispositions d’une production aquacole biologique est en vigueur depuis 2009 et son application est obligatoire depuis le 1er juillet 2010. Le label européen figure sur les produits en complément ou en substitution des labels nationaux.

 

Cette certification assure que les poissons d’élevage sont élevés en respectant des critères stricts :

  • pas d’utilisation de pesticides, colorants, stimulants de croissance chimiques. Limitation des antibiotiques ;
  • compléments végétaux issus de l’agriculture biologique (sans OGM notamment) ;
  • alimentation animale issue de produits de pêche soumis à quotas ;
  • densité dans les cages moins élevée que dans un élevage conventionnel pour respecter le bien-être animal.

 

 

 

L’ASC (Aquaculture Stewardship Council)

À l’initiative du World Wildlife Fund (WWF), plusieurs groupes de travail, connus sous le nom de “Dialogues Aquaculture”, se sont organisés depuis 2006 afin de définir des standards pour une aquaculture responsable. Basés sur une démarche transparente et multi-parties prenantes, ces “dialogues” réunissent les différents acteurs de cette activité : producteurs, acheteurs, organisations non gouvernementales, organisations publiques, producteurs d’aliments, organismes certificateurs et scientifiques. Les “dialogues” ont invité les acteurs à travailler ensemble pour identifier les impacts majeurs engendrés par l’aquaculture et défi- nir les standards qui devront permettre de les réduire, voire de les éliminer. Ces standards servent de base pour un écolabel en aquaculture, basé sur une certification tierce partie et géré par un organisme indépendant. Le choix des espèces retenues pour les « dialogues » s’est fait à partir de critères de sélection tels que leur degré d’impact sur l’environnement et sur la société, ainsi que leur valeur marchande et leur importance commerciale au niveau international. À ce jour, le label ASC est disponible pour le tilapia, le saumon, la crevette, le pangasius, la truite, l’abalone, les bivalves (moule, huître, ormeau, coquille Saint-Jacques et palourde), la sériole et le cobia. 215 fermes ont obtenu le label à ce jour, 100 autres fermes sont en cours d’évaluation et 4 462 produits certifiés ASC sont désormais disponibles sur le marché mondial dont 222 en France, 537 aux Pays-Bas et plus de 600 en Allemagne.

 

Les labels aquaculture Business-to-Businesses

 

 

GAA (Global Aquaculture Alliance)

Global Aquaculture Alliance est une association internationale à but non lucratif, qui a pour objectif de développer une aquaculture durable du point de vue environnemental et social. GAA promeut des normes de « bonnes pratiques » et coordonne la certification d’aquaculture durable selon ses propres normes. Des exploitations ainsi que des sites de transformation peuvent être certifiés.

 

 

 

 

GLOBAL G.A.P.

GLOBAL G.A.P. est un organisme privé qui établit des normes de certification pour les produits agricoles et aquacoles au niveau international. GLOBAL G.A.P. encourage les parte- nariats équitables entre producteurs et distributeurs qui souhaitent développer des normes et des procédures de certification efficaces.

 

 

 

Autres écolabels

 

Friend of the Sea

Friend of the Sea certifie à la fois les produits de pêche et les produits d’élevage, selon le code de conduite d’éco-étiquetage de la FAO. Pour les produits de pêche, peuvent être également certifiés les produits destinés à l’alimentation des poissons d’élevage (farine, huile, aliments...).

 

 

 

Naturland

Cette organisation allemande a développé des standards pour la certification de produits de pêche dans les pays en voie de développement (perche du Nil en Tanzanie) mais également en Espagne (écrevisse) et en mer Baltique (hareng). Les critères prennent en compte l’impact des techniques de pêche sur l’environnement et les écosystèmes, les conditions de travail et le droit du travail.

Pour les produits d’aquaculture, les standards Naturland pour les élevages aquacoles biologiques sont présents dans une vingtaine de pays et sont disponibles pour la truite, le saumon, la crevette, le tilapia et le pangasius.

 

 

 

 

Dolphin Safe

C’est le nom d’une campagne qu’a lancée le Earth Island Institute (EII) aux Etats-Unis et qui a été relayée par le WWF dans les années 90, pour limiter les prises accessoires de dauphins, notamment dans le cadre des pêcheries de thon. Plus de 90 % d’importateurs et de distributeurs de thon, au niveau mondial, ont adhéré aux critères « dolphin safe ». Le label, porté sur les boîtes de conserve, indique que le thon a été pêché avec des techniques qui ne portent pas atteinte aux dauphins (mais sans tenir compte des éventuelles captures d’autres espèces en danger telles que les requins et les tortues marines).

 

 

Et le Label Rouge dans tout ça ?

Créé en 1960, le Label Rouge garantit un cahier des charges strict qui assure une qualité supérieure au produit certifié en comparaison aux produits similaires habituellement commercialisés.
Ce n’est pas un label environnemental mais un label misant sur la qualité du produit.