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Dernière mise à jour : juillet 2017

Quelle est l’espèce que j’achète ?

Cette question peut paraître inutile. Cependant, en matière de durabilité, il est important de savoir ce que l’on achète. Tout d’abord, il est fait obligation aux négociants de produits de la mer d’identifier l’espèce commercialisée selon les dénominations of cielles* (Directives UE 1993 et 2013), en précisant son nom latin/scientifique. A titre d’exemple, sous l’appellation “thon rouge” (Thunnus thynnus) est régulièrement vendu chez les détaillants et dans la restauration du “thon albacore” (Thunnus albacares). Par ailleurs, les confusions peuvent porter sur des espèces dont les stocks distincts sont dans des états très différents. L’erreur au niveau du dernier vendeur (distributeur, poissonnier, restaurateur) se répercute au niveau du consommateur et accroît le trouble.

Sur les menus des restaurants, il y a souvent confusion entre “loup”, “sébaste” ou “rascasse”, entre sole “commune” ou “tropicale”, ou encore entre “lieu jaune” ou “lieu noir” par exemple. Renseignez-vous sur le nom scientifique latin précis de l’espèce que vous achetez et commercialisez. Il est désormais possible de faire des tests ADN pour vérifier l’espèce. Les sanctions peuvent être sévères en cas de substitution d’espèce. 

 

Mon fournisseur peut-il garantir la traçabilité du produit que j’achète ?

La traçabilité est indispensable non seulement pour limiter les risques incombant au détaillant dans le cas d’un accident sanitaire mais également pour s’assurer des modes de production et de la légalité du produit.

 

• S’agit-il d’un produit de pêche ou d’élevage ?

Chaque mode de production a des impacts d’un point de vue environnemental. Un approvisionnement écologiquement responsable prend en compte ces éléments. Pour chaque espèce, les principaux modes de production sont commentés dans cet ouvrage. Etablissez des critères d’approvisionnement adaptés au mode de production de vos produits. Les principales techniques de pêche et d’aquaculture ainsi que leurs impacts sur l’environnement sont présentés en fin d’ouvrage.

 

• Ce produit de pêche provient-il d’une source légale ?

La traçabilité permet d’éviter d’acheter des produits de sources illégales. La lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée se renforce mais il reste encore de grandes disparités entre les pays. Chacun à son niveau peut contribuer à réduire ce marché illégal. Exigez le certificat de capture pour les produits issus de la pêche hors UE et évitez d’acheter des produits aux origines et conditions d’élevage inconnues (voir page pêche illégale). 

 

La taille : un critère de durabilité

En matière de produits de pêche, un achat responsable est celui qui porte sur des animaux adultes, ayant atteint leur taille de première maturité sexuelle et ayant ainsi eu une chance de s’être reproduit. Pour de nombreuses espèces, la taille légale de commercialisation est inférieure à la taille de maturité sexuelle. Par exemple, si la taille minimale de commercialisation du merlu Merluccius merluccius est de 27 cm dans le golfe de Gascogne, sa taille de première maturité sexuelle est de 60 cm (voir tableau des tailles commerciales et tailles de première maturité). Pour les poissons sauvages, privilégiez les individus ayant atteint leur taille de première maturité sexuelle. Les poissons d’élevage ne sont pas concernés par ce critère de taille, la reproduction étant assurée au sein des écloseries. 

 

Le poisson de pêche que j’achète est-il originaire d’une pêcherie durable ?

Si de nombreux produits de pêche sont issus de sources saines d’un point de vue environnemental et de pêcheries gérées de manière responsable, il n’est pas aisé de les identifier. Pensez à vérifier quelques points qui peuvent réduire les risques d’acheter des produits non durables :

 

• L’espèce est-elle ou non menacée ?

Il vous faut pour cela connaître précisément l’espèce achetée, jusqu’à son appellation scientifique. Par exemple, plusieurs espèces de requin sont fortement surexploitées mais certaines se portent mieux (comme la petite roussette Scyliorhinus canicula). Si le produit est proposé sous forme pelée (saumonette), il est impossible à l’œil nu de reconnaître l’espèce, ce qui est pourtant essentiel pour évaluer la durabilité du produit. Cet ouvrage apporte des informations qui faciliteront votre choix.

 

• D’où provient l’espèce ?

On ne peut pas parler d’une espèce indépendamment de son stock et de sa gestion. Aussi est-il essentiel de connaître l’origine précise du poisson acheté et de l’état du stock d’où il provient. Si, pour une espèce donnée (le cabillaud par exemple), certains stocks peuvent être très affaiblis dans certaines zones et leur achat déconseillé, d’autres stocks situés dans d’autres zones, peuvent être sains. Cet ouvrage vise à fournir des éléments précis permettant à l’acheteur de choisir ses sources d’approvisionnement. Depuis décembre 2014, les opérateurs économiques de l’Union européenne doivent indiquer sur leurs étiquettes la sous-zone précise de capture au sein des zones Atlantique Nord-Est (ANE), Méditerranée et mer Noire (voir carte zones de pêche).

 

• Quelle est la technique de pêche utilisée ?

Certaines techniques de pêche ont un impact beaucoup plus important sur l’environnement que d’autres, cela dépend des pratiques de pêche, de leur taille et de l’habitat visé. Certaines peuvent abîmer les habitats ou entraîner d’importantes captures accessoires de juvéniles ou d’espèces non désirées. D’autres techniques sont plus sélectives et plus respectueuses des fonds marins. Les principales techniques de pêche et leurs impacts sur l’environnement sont présentés en fin d’ouvrage. 

 

• Le poisson que j’achète est-il écolabellisé ?

Différents écolabels sont disponibles sur le marché des produits de la mer. Actuellement l’écolabel environnemental le plus robuste et reconnu est le MSC (Marine Stewardship Council) ; il offre la garantie d’une conformité de la pêcherie et de la chaîne de traçabilité (du bateau au dernier vendeur) suivant les directives internationalement reconnues de la FAO en matière d’éco-étiquetage des produits de la pêche. Ce label, attribué par un organisme indépendant d’évaluation, certifie que les produits sont issus de stocks sains ou en voie de reconstitution, qu’ils sont pêchés sans atteinte majeure à l’écosystème et que les pêcheries ont mis en place un système de gestion ef cace de la ressource.

Pour les espèces d’aquaculture, les normes du label européen Agriculture Biologique assurent les conditions les plus strictes actuellement existantes en matière de limitations des impacts sur l’environnement.

Les principaux écolabels disponibles sur le marché sont présentés à la page « Ecolabels des produits de la mer ». 

 

*Dénominations commerciales disponibles sur le site : http://www.economie.gouv.fr/dgccrf/Consommation/Etiquetage-des-produits/...