Homard

Homarus gammarus

Homarus americanus


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Bassin

 


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Dernière mise à jour : juillet 2018

 

Deux espèces de crustacés sont commercialisées sous l’appellation « homard » : le homard européen, appelé « homard bleu » en raison des reflets de sa carapace et le homard américain, de couleur plus orangée. Ce gros crustacé vit à la limite des eaux découvertes par les marées et peut également se retrouver en profondeur jusqu’à 50 mètres.

 

Il s’abrite dans les rochers ou sous les roches en déplaçant les sédiments. Les mâles s’approprient un territoire quand les femelles sont plus mobiles. La taille moyenne de maturité sexuelle des femelles du homard européen est aux alentours de 95 mm de longueur céphalothoracique (soit environ 600 g), mais elle peut varier fortement selon l’année et les zones. La taille moyenne de maturité sexuelle du homard américain est légèrement inférieure, 80 mm (soit environ 400 g).

 

Casier appâté

Le homard, crustacé vorace, est pêché essentiellement au casier appâté (les prises au chalut et au filet sont faibles mais non négligeables).

 

Réglementations européennes et locales

Les principaux pays producteurs ont mis en place des plans de gestion de leurs stocks de homards. Les règles de ces plans diffèrent selon les pays afin de tenir compte de la dynamique de population de l’espèce dans des zones géographiques distinctes et des flottilles de pêche en place. Globalement, les réglementations en vigueur sont appliquées dans les pêcheries qui ciblent le homard. Ces plans de gestion ont des déclinaisons régionales, prenant en compte les spécificités de la pêche locale, c’est notamment le cas en France entre la Normandie, la Bretagne et la Loire-Atlantique. Parmi les mesures les plus courantes mises en place pour assurer la durabilité de l’espèce, notons l’attribution de licences limitant le nombre de pêcheurs, le nombre de casiers autorisés par pêcheur, la taille minimale de commercialisation, l’interdiction de capture de femelle grainée (portant des oeufs) dans certains pays et le marquage d’une partie des femelles d’une entaille sur la queue (puis relâche) afin que celles-ci ne puissent plus être commercialisées avant plusieurs mues. L’aquaculture de homard européen se développe depuis quelques années en Norvège et au Royaume-Uni ou encore en Corse à une plus petite échelle principalement pour assurer le repeuplement des côtes. Des essais sont en cours pour élever des homards jusqu’à 300 g afin de pouvoir les commercialiser

 

Situation variable selon les stocks

Homard européen :

Le homard est présent le long des côtes Atlantique. Il est moins abondant en Méditerranée. Il reste encore à conforter certaines données pour établir le diagnostic des stocks. Très suivis et très réglementés en raison de leur importance économique, ils ne sont pas en danger d’épuisement. L’espèce était auparavant considérée comme peu migratrice avec des populations régionales ou locales constituant autant de sous-stocks. Des travaux en cours semblent montrer que les mouvements sont plus nombreux que l’on pourrait croire ; ainsi le Nord Bretagne et une partie de la Baie de Granville constitueraient un seul et unique stock. Pour certains stocks, la diminution des captures d’individus n’ayant pas atteint leur maturité sexuelle permettrait de consolider le stock reproducteur et les rendements de production.


Homard nord-américain :

• Stocks du Canada : les principaux stocks (Îles de la Madeleine, Gaspésie, Nouveau Brunswick) font l’objet d’exploitation intensive et des mesures de réduction des captures ont été mises en place dans plusieurs provinces.

• Stocks des États-Unis : l’état de la ressource est contrasté selon les régions. L’exploitation des stocks du golfe de Maine et du Saint-Georges Bank est durable. Le stock de Southern New England en revanche est épuisé (la hausse des températures de l’eau déplace les populations vers le large) et ce, malgré la mise en oeuvre de mesures de gestion strictes depuis 2012 (période de fermeture de la pêche, réduction de l’effort de pêche).

 

Vivant ou surgelé

Le homard européen, beaucoup plus rare que son cousin américain, est essentiellement commercialisé vivant. Le homard nord-américain est vendu en Europe principalement au moment des fêtes de fin d’année, soit entier cuit surgelé, soit vivant. Il est pêché à différentes périodes d’ouverture de la pêche selon les zones, il est ensuite maintenu vivant en vivier jusqu’au moment des fêtes de fin d’année. La France importe près de 5 400 tonnes de homard dont 70 % vivants (30 % congelés). La Belgique importe environ 3 000 tonnes de homard chaque année dont 70 % vivants, 25 % congelés et 5 % sous forme préparée.

 

Européen ou américain ?

Vivant, le homard européen a de beaux reflets bleus quand l’américain a des traces orangées sur l’abdomen. Cuits, ils arborent tous les deux la belle couleur orangée de l’astaxanthine, molécule de la famille des caroténoïdes libérée par la chaleur. Ils se distinguent par la forme de leur rostre : rostre pointé droit, il est américain ; rostre arrondi, il est européen.

 

 

 

À RETENIR

  • Deux espèces de homard sont présentes sur nos marchés : le homard nord-américain et le homard européen.
  • La production du homard nord-américain est plude 20 fois supérieure à celle du homard européen.
  • Tous les stocks de homard européen sont pleinement exploités. Leur consommation peut être recommandée.
  • Pour le homard américain, privilégiez le homard du Canada, du golfe du Maine et de Saint-Georges Bank.
  • Évitez d’acheter des homards grainés (femelles portant des oeufs).
  • Évitez d’acheter des homards immatures, c’est-à-dire des individus dont le céphalothorax est de taille inférieure à 95 mm (< à 600 g) pour le homard européen, et de taille inférieure à 80 mm (< à 400 g) pour les homards nord-américains.
  • Une pêcherie de homard européen, co-gérée par la Normandie et Jersey et six pêcheries de homard américain sont écolabellisées MSC.

À SAVOIR

Une dispute américaine

À la fin des années 80, les homardiers des États-Unis se sentaient menacés par la baisse des stocks de homards et par la concurrence des crustacés importés du Canada voisin. En 1989, le gouvernement des États-Unis a pris des mesures techniques de conservation pour renforcer la gestion des stocks halieutiques du pays (Magnuson Stevens Act), mesures applicables aux produits importés. Ces nouvelles règles ont immédiatement été dénoncées par le Canada qui voyait par ce texte une remise en cause de l’accord de libre-échange signé entre les deux pays et l’apparition de freins au commerce. Selon le Magnuson Stevens Act, il devenait illégal d’acheter et de vendre des homards de taille inférieure à la taille minimale de capture prévue dans le code américain. Cette affaire a été portée devant le GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce). Les États-Unis se sont défendus sur le plan scientifique en arguant que la taille de l’animal constituait une bonne mesure de gestion et que la restriction était prise à des fins de conservation. Après un an de bataille juridique, en 1990, les experts internationaux du GATT ont donné raison aux États-Unis. L’ironie de l’histoire fit qu’en 1991, la population de homards dans les eaux du Canada et des États-Unis a atteint des niveaux exceptionnels mais il n’a pas pu être prouvé que ce phénomène ait résulté des nouvelles règles de conservation mises en place par les États-Unis.