Thon albacore | Guide des espèces

Thon albacore

Thunnus albacares


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  • Ceinture tropicale des trois océans : Pacifique, Atlantique et Indien
  • Senne
  • Canne
  • Filet maillant
  • Palangre
  • Ligne

 


Dernière mise à jour : juin 2020

 

Avec plus d’un million de tonnes capturées chaque année, l’albacore est la deuxième espèce de thonidés débarquées dans le monde. Présente dans les eaux tropicales et subtropicales mondiales (sauf en Méditerranée), cette espèce affectionne les eaux aux températures comprises entre 20 et 30°C jusqu’à 250 mètres de profondeur. Il peut se regrouper avec d’autres thonidés par banc de même taille. Les tailles communes des adultes capturés sont entre 40 et 170 cm (soit 1,2 kg et 100 kg) et les poissons atteignent leur maturité sexuelle lorsqu’ils mesurent 100 cm en moyenne (entre l’âge de 2 et 3 ans). Le thon albacore peut atteindre 200 kg pour 2,5 mètres de long et a une longévité de 8 ans.

 

 

À la senne

 

L’albacore est pêché dans les trois grands océans, principalement à la senne. Il se regroupe facilement autour des DCP (dispositifs de concentration de poissons - voir À SAVOIR), ce qui facilite sa capture. Son exploitation est partout croissante depuis plus de 50 ans.
 

 

Tous les thonidés sont extrêmement vulnérables à une augmentation de la pression de pêche du fait de leur ciblage par plusieurs engins de pêche (senne sur bancs libres et DCP, palangre pélagique notamment).

 

 

Etat des stock

 

Stock de l’Atlantique : les modèles scientifiques indiquent une baisse de la biomasse depuis 2009. La Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l’Atlantique (CICTA) recommande fortement de réduire les captures de juvéniles qui impactent négativement la production durable à long terme et l’état des stocks. Un moratoire interdisant la pêche sur DCP en janvier et février sur une zone au large allant du Ghana à la Guinée équatoriale est en vigueur depuis 2013. Un TAC (Total Admissible de Captures) de 110 000 tonnes a été fixée en 2011 pour 2012 et les années ultérieures. En 2016 et 2017, les captures globales ont dépassé le TAC respectivement de 18,5 % et de 18,2 %. Cette surpêche préoccupe les scientifiques, qui s’inquiètent de voir le stock se dégrader. Ils estiment que les mesures de gestion actuelles sont insuffisantes si ce niveau élevé de prises venait à se maintenir. 

 

Stock Pacifique Est : selon les dernières évaluations de 2019 (captures de 320 000 tonnes en 2017), le stock de thon albacore du Pacifique Est est surpêché. Le niveau de mortalité  par pêche dans le Pacifique Est se situe au-dessus du niveau permettant le RMD (Rendement Maximum Durable), et la biomasse de reproducteurs est dégradée. Des mesures de conservation pour limiter la surpêche ont été prises par la Commission Interaméricaine du Thon Tropical (CITT) : 62 jours par an de fermeture de pêche pour les senneurs supérieurs à 182 tonnes de capacité de charge, une fermeture saisonnière de la pêche à l’ouest des îles Galápagos où les captures de juvéniles sont importantes, ainsi que l’obligation de débarquement pour tous les senneurs de listao, thon obèse et thon albacore.

 

Stock du Pacifique Centre et Ouest :  ce stock dont les captures ont atteint 610 414 tonnes en 2017 ne souffre pas de surexploitation et est exploité au niveau du RMD. Cependant les situations varient d’une zone à l’autre et la mortalité par pêche ne doit pas augmenter dans la partie Ouest. Des mesures de gestion ont été mises en place notamment un moratoire de 3 mois (de juillet à septembre) interdisant la pêche sous DCP dans les eaux nationales et internationales entre 20°N et 20°S. 

 

Stock de l’océan Indien :  l’évaluation de 2018 montre que la biomasse du stock et la pression par pêche se situent hors du domaine de durabilité du stock. L’effort de pêche augmente depuis 2011. Des efforts pour limiter les prises de juvéniles de thons et les prises accessoires d’espèces sensibles (requins, tortues, mammifères marins) ont été entrepris et doivent être poursuivis. Les flottilles de senneurs européens ont mis en place des programmes d’observateurs embarqués, cofinancés par l’Union européenne, afin d’obtenir des données sur ces prises accessoires et les rejets. En ce qui concerne les pêcheries artisanales et semi-industrielles (Iran, Sri Lanka, Inde, Indonésie), peu d’informations sont disponibles, les niveaux des prises accessoires sont sans doute très élevés, particulièrement pour les fileyeurs et les palangriers. En 2016, les scientifiques recommandaient de baisser de 20 % les captures d’albacore (niveau des captures de 2014) de l’océan Indien. Cette recommandation n’a pas été suivie, et le niveau de captures est en augmentation (416 974 tonnes en 2017).

 

 

Sous l’appellation « thon rouge » sont vendues illégalement d’autres espèces de thon (comme le thon albacore Thunnus albacares de l’océan Indien ou de l’Atlantique). Vérifiez le nom latin de l’espèce au moment de l’achat.

 

 

Conserves et tranches fraîches

 

Le thon albacore est très utilisé dans l’industrie de la conserve en Europe. Il est par ailleurs commercialisé en longes fraîches (filet) sans peau. Transformé sous cette forme dans les pays producteurs, le produit est vendu par les grossistes servant les marchés de détail et de la restauration. A l’étal du poissonnier, le thon albacore est exposé en longe également, puis débité en tranche à la demande du consommateur.
 

 

 

 

 

 


 

À RETENIR

  • Le thon albacore est l’un des thons les plus courants sur les marchés européens.
  • Évitez les achats de thon albacore pêché sous DCP en raison des prises accidentelles élevées de juvéniles de thons et d’espèces menacées qu’ils entraînent. 
  • Évitez le thon albacore d’Atlantique,  de l’océan Indien et du Pacifique Est. 
  • Privilégiez le thon albacore du Pacifique Centre et Ouest, qui est exploité  à un niveau durable. 
  • Sept pêcheries de thon albacore  du Pacifique sont certifiées MSC. 

 

À SAVOIR

Les objets flottants dérivants

 

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