Thon Germon | Guide des espèces

Thon Germon

Thunnus Alalunga


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Dernière mise à jour : juin 2020

 

Le thon germon Thunnus alalunga est une espèce hautement migratrice, capable de parcourir de très grandes distances au cours de sa vie surtout entre ses 2 et 5 ans. Le thon germon peut atteindre 30 kg pour une taille de 1,40 mètre à l’âge adulte. Sa longévité est de l’ordre d’une dizaine d’années. Le germon acquiert sa première maturité sexuelle vers 4 ou 5 ans. Il mesure alors 85 cm et pèse aux alentours de 15 kg. Le thon germon est présent dans les océans Pacifique, Indien et Atlantique ainsi qu’en Méditerranée. La population de thon germon de l’Atlantique comprend deux stocks principaux : l’un au nord du 5ème parallèle, l’autre au sud du même parallèle. Il existe un stock distinct en Méditerranée. Dans l’océan Pacifique, deux stocks (Nord et Sud-Est) sont présents. Dans l’océan Indien, il n’existe vraisemblablement qu’un unique stock austral. 

 

La France a importé 38 2017 tonnes de thon en 2018  (toutes espèces confondues : 4 % frais principalement d’Espagne,  9 % congelé principalement de Corée du Sud et 85 % en conserve et longe principalement de l’ïle Maurice). La Belgique importe 21 500 tonnes de thon (toutes espèces confondues) par an, dont 83 % sous forme de conserve.

 

La France importe du thon germon pêché à Tahiti par une flottille  de petits palangriers qui exploite la zone économique des 200 milles de Polynésie française (Pacifique Sud). Ces navires sont soit équipés de tunnel de congélation, soit dotés de chambre froide  pour approvisionner le marché du frais

 

Le thon de nos côtes

La principale source de thon germon du marché européen est celle provenant du stock de l’Atlantique Nord-Est. Le poisson est capturé l’été, au stade de juvénile, quand il passe au large des côtes françaises et espagnoles, ainsi que dans les eaux des Açores.  Historiquement, le germon était capturé à la canne à l’appât vivant, mais cette pêcherie a presque entièrement disparu à la fin des années 80 pour être remplacée par des techniques plus productives. La pêche de surface de juvéniles et pré-adultes est menée par des chalutiers pélagiques français et irlandais, ainsi que par des ligneurs et des canneurs espagnols. Lignes et cannes représentent 70 % de la totalité des captures du germon du stock de l’Atlantique Nord. La population des germons adultes, au comportement plus pélagique, est exploitée par les palangriers asiatiques aux larges des côtes africaines. La production française est extrêmement saisonnière, avec l’essentiel des débarquements enregistré entre les mois d’août et octobre. 

 

 

La législation européenne n’impose pas de mentionner  le nom de l’espèce de thon mise en boîte.

 

Stocks

Le stock de l’Atlantique Nord  Selon les dernières données disponibles (évaluation de 2016), le stock est estimé comme étant exploité durablement. Pour 2018-2019-2020, la CICTA (Commission  Internationale pour la Conservation des Thonidés de l’Atlantique) a fixé le niveau de captures à 33 600 tonnes annuelle. La majeure partie des captures est réalisée dans le golfe de Gascogne et dans les eaux environnantes par des pêcheries de surface traditionnelles. Ce stock a fait l’objet de surpêche qui a cessé dans les années 90.

 

Le stock de Méditerranée  En 2017, les débarquements déclarés s’élevaient à 2 881 tonnes, la plupart des prises provenant des pêcheries palangrières. L’Italie est le principal producteur de germon de Méditerranée, avec environ 47 % des prises. Par ailleurs, depuis 2017 une fermeture temporelle du 1er octobre au 30 novembre est appliquée au palangriers ciblant le germon en Méditerranée. Le stock a été évalué en 2017 et semble exploité durablement malgré le manque dE données disponibles. En 2017, la CICTA n’autorise aucune augmentation des captures ni de l’effort de pêche tant que le Comité permanent pour la recherche et les statistiques de la Commission (SCRS) n’aura pas fourni un avis scientifique plus précis. 

 

Le stock de l’Atlantique Sud :  Selon la dernière évaluation de 2016, l’état de ce stock s’est amélioré depuis l’évaluation précédente (en 2013). Le stock est estimé comme étant exploité durablement. Le TAC (Total Admissible de Captures) 20172020 a été fixé à 24 000 tonnes (même niveau depuis 2012). Néanmoins, la CICTA recommande aux pays pêcheurs d’améliorer le suivi des captures et de leurs déclarations. La quantité débarquée la plus importante depuis 2000 a été de 27 926 tonnes en 2003. En 2017, 13 403 tonnes ont été débarquées au niveau mondial. 

 

Le stock du Pacifique Sud  est pleinement exploité par les palangriers. La pression de pêche, notamment des navires chinois, augmente depuis plusieurs années, ce qui met ce stock en danger. La Commission des Pêches pour le Pacifique Occidental et Central (CPPOC) n’a pas établi de limite de captures pour ce stock qui risque la surexploitation. Elle recommande de limiter la mortalité par pêche en établissant une limite du nombre de bateaux par les pays membres avec une tolérance pour les pays côtiers. Cette limite correspondrait au nombre de bateaux actifs en 2005.

 

Le stock du Pacifique Nord est très légèrement surexploité mais la biomasse du stock reproducteur n’est pas affectée. La recommandation de gestion porte sur un gel de la mortalité par pêche au niveau actuel. 

 

Le stock de l’océan Indien est au niveau du RMD (Rendement Maximum Durable). Les scientifiques estiment que le niveau de captures au RMD s’élève à 38 030 tonnes (38 841 tonnes pêchées en 2017) mais avec une incertitude importante. Il n’existe pas de mesures de conservation ou de gestion mises en place par la CTOI (Commission des Thons de l’Océan Indien). Ce stock est ciblé principalement par les pêcheries palangrières de Taïwan, de Chine et d’Indonésie et fût très ciblé ces dernières années par la piraterie dans la région ouest de l’océan Indien. 

 

En 2018, la Belgique a importé 64,3 tonnes de thon blanc  (dont 50 % depuis la France) : 30,5 tonnes sous forme fraîche  et réfrigérée, 2 tonnes sous forme congelée.

 

Le thon, c’est bon, et le thon blanc, c’est excellent !

Ce slogan des années 80 invitait les consommateurs français à manger plus de thon, notamment plus de germon frais en été. L’armement des navires en chalutiers pélagiques a fait suite à l’abandon de la canne et du filet maillant dérivant. La qualité du thon pêché au chalut pélagique est nettement insuffisante (le poisson est écrasé dans le cul de chalut) pour répondre aux exigences du marché du frais.

Très souvent, l’inadéquation entre les produits débarqués (volumes trop importants de poissons très abîmés) et les besoins du marché entraînent une chute des prix à la première vente (criée) et le retrait du produit du marché du frais. Parallèlement, la forte demande de thon frais de qualité fait appel aux produits d’importation. Aujourd’hui, une grande partie du thon germon débarqué en France métropolitaine est destinée aux conserveries espagnoles et, dans une moindre mesure, françaises.

 

La toute première pêcherie thonière à avoir reçu la certification  pêche durable du MSC en 2007, est celle exploitée par une association de pêcheurs artisanaux de germon à la canne, opérant au large de San Diego en Californie.Depuis, dix autres pêcheries de thon germon ont rejoint cette certification. 

 

 

 

 

À RETENIR

  • Le thon germon provenant de l’océan Indien et d’Atlantique (Nord et Sud) peut être recommandé (stocks pleinement exploités à des niveaux estimés durables).
  • Le thon germon provenant du Pacifique (Nord et Sud) et de Méditerranée est à consommer avec modération (en raison de la faiblesse des modes de gestion mis en oeuvre sur ces stocks).
  • Évitez le thon germon pêché sur DCP (dipositif de concentration de poissons).
  • Le thon germon de ligne est très apprécié des connaisseurs.
  • Onze pêcheries de thon germon  sont certifiées MSC. Dix opèrent dans  le Pacifique et une en Atlantique Nord-Est (pêcherie espagnole). 

À SAVOIR

Le traitement au monoxyde de carbone confère au thon  une couleur dense et maintient l’aspect visuel des longes  traitées en masquant son altération chimique.  Ainsi, un filet altéré par le temps peut paraître frais mais se révéler dangereux pour le consommateur car toxique.Ce procédé de conservation est interdit dans l’espace communautaire depuis 2004, mais une certaine vigilance est nécessaire.