Truite

Salmo trutta

Oncorhynchus mykiss


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Dernière mise à jour : juillet 2018

 

La truite est un salmonidé qui aime les eaux vives et claires à l’état sauvage. Ce poisson est principalement carnivore. Dans la nature, la truite se nourrit de vers, d’insectes et parfois de petits poissons. Elle se distingue du saumon par des points noirs sur le corps, un large museau et une base de queue plus robuste.

 

Salmo trutta

Endémique d’Europe et Asie, la truite Salmo trutta peut se développer en plusieurs sous-espèces distinctes, selon les conditions environnementales :

 

• Salmo trutta trutta, naît en rivière, migre en mer lorsqu’elle atteint 15-35 cm et remonte les rivières dès 5 ans à raison de 22 km par jour, afin de s’y reproduire et mourir.

• Salmo trutta lacustris passe sa vie et se reproduit en lac.

• Salmo trutta fario passe sa vie et se reproduit en rivière à l’état sauvage. En Europe, la truite fario destinée au marché de la consommation est élevée en cage en mer.

 

Oncorhynchus mykiss

Originaire d’Amérique du Nord, la truite arc-en-ciel Oncorhynchus mykiss a été introduite au XIXème siècle dans toute l’Europe. À l’état sauvage en Europe, elle n’est présente qu’en Slovénie et en Autriche. Son intérêt économique est très important ; elle représente la première espèce de poisson élevée en France.

 

Production

A la fin du XIXème siècle, les premiers bassins de trutticulture sont implantés au Danemark. A partir des années 60, la maîtrise du processus d’élevage et l’introduction d’aliments composés permettent le développement de la production dans plusieurs pays européens. Aujourd’hui, la France est le quatrième producteur européen (derrière la Norvège, l’Italie et le Danemark) de truites d’élevage avec 37 450 tonnes produites en 2015, dont 97 % de truites arc-en-ciel.

 

La production européenne de truites de mer (Norvège, Royaume-Uni, Irlande) et d’eau douce (France et Italie notamment) se stabilise depuis le début des années 2000 après une période d’augmentation régulière depuis 1980.

 


Sous l’impulsion du CIPA, la profession piscicole française a initié une démarche associant l’ensemble des représentants de la filière (producteurs, industriels, distributeurs), le WWF (World Wildlife Fund) et des associations de consommateurs pour mettre en place un cahier des charges unique de production de la truite. Cette mutualisation d’objectifs et de moyens permet de diminuer le coût des contrôles appliqués à la production, de partager la responsabilité des garanties apportées et de communiquer de façon plus efficace auprès du consommateur.
La production de truite « biologique », garantissant aux consommateurs que l’élevage a été mené selon un certain nombre de critères environnementaux et de bien-être des animaux, augmente d’année en année. En France, une trentaine de pisciculteurs sont certifiés « producteurs biologiques » pour une production de plus de 2 300 tonnes, ce qui fait de la France le premier producteur européen de truites bios élevées en eau douce.

 

La Belgique importe 2 436 tonnes annuelles de truites, dont 67 % depuis la France.

 

 

Consommation

La truite est commercialisée entière, fraîche ou surgelée, en taille-portion (200 à 300 g). Les truites de grande taille sont vendues en filet frais, avec ou sans peau, ou encore en pavé. Elle est également commercialisée en filet fumé ou en tranche fumée, sans compter les oeufs de truite et les préparations élaborées (rillettes, sushis…). La totalité des truites commercialisées en France et Belgique sont d’élevage (Salmo trutta fario et Oncorhynchus mykiss). Il faut environ un an pour que la truite d’élevage atteigne le poids de 350 g et deux ans pour atteindre 2,5 kg.

 

 

 

 

Les protéines d’insectes sont autorisées dans l’alimentation des truites d’élevage au sein de l’Union européenne depuis juillet 2017. Cet apport permettra de réduire farine et huile de poisson dans leur alimentation et de diminuer ainsi la pression de pêche sur les stocks sauvages. Les principaux fabricants d’aliments formulent de la protéine d’insecte (issue de larves de mouches élevées sur un substrat nourricier de céréales ou de betterave) en remplacement de 50 % de farine de poisson. Plusieurs pisciculteurs français testent actuellement les nouveaux granulés sur la truite et l’aliment est également testé sur le saumon en Écosse.

À RETENIR

  • À l’état sauvage, la truite est principalement ciblée par la pêche récréative. Ses populations ne sont pas menacées.
  • La truite est un salmonidé dont l’élevage est maîtrisé depuis plus d’un siècle et fait l’objet d’une production intensive dans plusieurs pays européens. Deux espèces se retrouvent en majorité sur nos marchés : la truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) et la truite fario (Salmo trutta fario).
  • La truite représente une alternative de proximité au saumon et autres poissons d’élevage d’origine plus lointaine.
  • Il existe une offre de truite issue d’élevage biologique. La France est le premier producteur mondial de truite certifiée « AB ».
  • 30 fermes produisant des truites d’élevage sont certifiées ASC dans les pays suivants : Allemagne, Chili, Danemark, Grèce, Islande, Italie, Turquie.

À SAVOIR

L’omble chevalier (Salvelinus alpinus)

Poisson d’eau douce de la famille des salmonidés, l’omble chevalier a colonisé la plupart des grands lacs européens à la période de la glaciation. Il affectionne les eaux froides et bien oxygénées. [En lire plus : Fiche de l'ombre chevalier]

 

La féra ou corégone (Coregonus lavaretus, Coregonus fera)

La féra appartient également à la famille des salmonidés. Elle est présente dans quelques lacs de montagne. La féra affectionne les eaux froides et non polluées des lacs du nord de l’Europe (Suède, Finlande, Norvège) et des lacs alpins. Indigène au lac Léman, duquel elle a disparu dans les années 1920, elle a été introduite dans le lac d’Annecy vers 1880 ainsi que dans le lac Léman et le lac du Bourget avec de jeunes alevins. [En lire plus : fiche de la féra]