Espadon | Guide des espèces

Espadon

Xiphias gladius


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  • Eaux tropicales et tempérées des océans Atlantique, Pacifique et Indien.
  • Mer Méditerranée
  • Canne
  • Filet maillant
  • Harpon
  • Ligne
  • Madrague
  •  Palangre
• Aucun élevage

 


Dernière mise à jour : janvier 2022

 

 

Biologie

  • FAMILLE : Xiphiidae.
  • TRAITS DISTINCTIFS : Corps allongé et cylindrique, dos gris-bleu, ventre blanc, flancs argentés, tête munie d’un rostre aplati à forme de lame d’épée.
  • HABITAT : Espèce pélagique qui vit de préférence entre 18 et 22 °C de la surface jusqu’à plusieurs centaines de mètres de profondeur. Cette espèce reste dans les grandes profondeurs le jour et remonte vers la surface la nuit pour chasser ses proies.
  • ALIMENTATION : Calamars, crustacés et poissons.
  • MATURITÉ SEXUELLE (LJFL (1)) : Mer Méditerranée : 142 cm (3-4 ans/femelle). Océan Atlantique : 180 cm (5 ans/femelle). Océan Indien : 170 cm (6-7 ans/femelle).
  • Océan Pacifique : 165-168 cm (4-5 ans/ femelle).
  • PÉRIODE DE FRAI : Mer Méditerranée : de juin à septembre. Océan Atlantique : de décembre à juin. Océan Indien : d’octobre à avril. Océan Pacifique : d’août à mai.
  • LONGÉVITÉ : 10-15 ans.

 

L’espadon peut tolérer une large gamme de températures (de 3°C à 30 °C) et ainsi plonger à de grandes profondeurs (700 à 900 m), grâce à une forte teneur en tissu adipeux. Son nom vient de l’italien « spadone » qui signifie glaive ou grande épée.

 

Pêche

L’espadon vit dans les eaux tropicales, subtropicales et tempérées des océans du monde entier. Il est également présent en Méditerranée. L’espadon est principalement capturé à la palangre. En Méditerranée, plusieurs flottilles italiennes, françaises et espagnoles ciblant l'espadon ont remplacé, depuis le début des années 2000, la palangre de surface avec la palangre de profondeur (100-600 m de profondeur, palangre mésopélagique), ce qui a permis une augmentation des captures des individus de plus grande taille et une diminution des captures de juvéniles. Les captures d’espadon (111 169 tonnes débarquées au niveau mondial en 2018) proviennent essentiellement de l’océan Pacifique (47 %), puis de l'océan Indien (29,5 %), de l’océan Atlantique (17 %) et de Méditerranée (6,5 %).

Le principal pays pêcheur au monde d’espadon est l’Espagne (23 307 tonnes en 2018), qui exploite les stocks du Pacifique. La flotte européenne représente 27,5 % des débarquements mondiaux (30 506 tonnes en 2018), la majorité de ses débarquements provenant de l’océan Pacifique (13 110 tonnes en 2018).

La France (Polynésie incluse) a débarqué 415 tonnes d’espadon en 2018, principalement en provenance de l'Atlantique Nord-Est et de Méditerranée. La flotte belge ne cible pas cette espèce.

 

 

 

 

 

Gestion des stocks

La gestion des stocks d’espadon est sous la juridiction de plusieurs Commissions internationales de gestion telles que la CICTA (2), la CTOI (3), la CCPOC (4) et la CITT (5).

Des mesures spécifiques sont prises par les Commissions, dans leur zone de compétence :

 

État des stocks d'espadons dans le monde. 

Vert : stocks jugés en bon état ; Jaune : stocks reconstituables (ou en reconstitution*) ; 

Rouge : stocks dégradés et surpêchés.

 

 

Océan Atlantique 

Atlantique Sud et Atlantique Nord :

Des TAC (6) et une taille minimale de capture sont définis pour les deux stocks.

Mer Méditerranée  TAC, fermeture de la pêche pendant trois mois, liste des navires autorisés, spécifications des caractéristiques techniques de la palangre, fermeture saisonnière de la pêcherie du germon visant à réduire les prises accessoires d'espadons juvéniles, interdiction de filets dérivants, taille minimale de capture. Ces mesures font partie d’un plan de reconstitution d’une durée de 15 ans, adopté en 2016.
Océan Indien Déclaration des données de capture et d'effort de pêche, enregistrement des navires actifs et autorisés et limitation de la capacité de pêche (nombre de navires).
Pacifique Sud-Ouest (sud du 20e parallèle sud) 
  • Limitation de la capacité de pêche (nombre de navires) et limitation des captures au niveau de la moyenne de 2000-2006.

Pour les autres stocks du Pacifique, aucune mesure de gestion n’est mise en place spécifiquement pour l’espadon mais les mesures existantes pour les thons semblent aussi avoir un effet positif sur cette espèce. La gestion de l’espadon dans le Pacifique est rendue très complexe par le fait que deux Commissions gèrent cette ressource dans cette zone et que le Chili, pays très important en termes de tonnages, refuse d’être membre de la CITT.

Taille minimale de capture (LJFL)

  • Océan Atlantique :
    • 125 cm (avec une tolérance de 15 %)  
    • 119 cm (avec une tolérance 0)
  • Mer Méditerranée 100 cm

 

 

Etat des stocks

• Stocks en bon état (non dégradés et non surpêchés)

  • Atlantique Nord (zones de pêche FAO 21, 27, 31 et 34)
    • Ce stock est estimé durable.
    • La biomasse est en légère augmentation depuis 1997 et elle se situe autour du niveau de durabilité.
    • Le taux d’exploitation est en diminution depuis 2013.
    • Les scientifiques soulignent que le stock devrait rester en bon état, si le TAC actuel est maintenu dans les prochaines année.
  • Océan Indien (zones de pêche FAO 51 et 57)
    • Ce stock ne semble pas présenter de signes de surexploitation et le taux d’exploitation actuel est inférieur au niveau du RMD (7).
    • Localement, dans le sud-ouest, la biomasse reproductive se situe en dessous du seuil de durabilité mais l’effort de pêche y est limité.
    • Les scientifiques recommandent de ne pas dépasser le niveau de captures de 2018 afin de garantir une exploitation du stock à long terme.
  • Pacifique SudOuest (zones de pêche FAO 81)
    • Ce stock est estimé être exploité au niveau du RMD.
    • Les scientifiques recommandent d’étendre les mesures de gestion actuelles à la zone située au nord du 20e parallèle sud.
  • Pacifique Nord-Est (zones de pêche FAO 67 et 77)
    • Ce stock ne semble pas souffrir de surexploitation.
    • Biomasse reproductive est à un niveau élevé.
  • Pacifique Sud-Est (zone de pêche FAO 87)
    • Stock estimé durable. Biomasse reproductive élevée.
  • Pacifique Nord occidental et central (zones de pêche FAO 61 et 71)
    • Biomasse reproductive (population de femelles) estimé largement supérieure au seuil de durabilité.
    • Taux d’exploitation en diminution et largement inférieur au niveau du RMD.

 

• Stock dégradé et surpêché

  • Atlantique Sud (zones de pêche FAO 41 et 47)
    • Biomasse estimée largement inférieure au niveau de durabilité malgré un taux d’exploitation en forte baisse.
    • Les scientifiques soulignent qu’une diminution du TAC est nécessaire afin de rétablir le stock.

 

• Stock reconstituable (ou en reconstitution)*

  • Mer Méditerranée (zone de pêche FAO 37)
    • Biomasse estimée inférieure au niveau durable d’environ 30 %.
    • Mortalité par pêche autour du niveau du RMD.
    • Ce stock est considéré surexploité depuis le début des années 90. Cette pêcherie est caractérisée par la capture de nombreux immatures (les individus de moins de 3 ans représentent 20 à 35 % des prises en poids). Le recrutement est en diminution depuis 10 ans.
    • Les scientifiques recommandent une forte réduction de la mortalité par pêche en utilisant une technique de pêche plus sélective que la palangre mésopélagique. Les scientifiques indiquent que si un TAC de 10 000 tonnes est fixé jusqu’en 2028, le stock aurait 60 % de probabilité de se rétablir. Ils soulignent aussi la problématique liée à la sous-déclaration de rejets (espadon sous-taille) qui pourrait biaiser les résultats de l’évaluation du stock.

 

*Stock pour lequel le niveau d’exploitation (inférieur à celui permettant le RMD) devrait permettre sa reconstitution si d’autres impacts que la pêche (pollutions environnementales, changement climatique…) ne compromettent pas sa reconstitution.

 

 

Consommation

La chair de l’espadon est appréciée pour son goût, sa fermeté et l’absence d'arête. L’espadon est commercialisé sous forme de tranche/longe fraîche ou surgelée (avec ou sans peau), ou bien fumé à froid en fine tranche. La France importe cette espèce principalement sous-forme de filets frais du Chili, Sri Lanka et Espagne et exporte peu. L’Italie est le premier marché pour l'espadon dans l’UE.

 

 

MSC • Cinq pêcheries d’espadon (deux canadiennes et une américaine opérant en Atlantique, une australienne et une en Polynésie française opérant dans le Pacifique) sont certifiées.

 

 

 

 

(1) Longueur maxillaire inférieure fourche : longueur entre la pointe du maxillaire inférieur et la fourche caudale

(2) Commission internationale pour la conservation des thons de l'Atlantique (ICCAT en anglais)

(3) Commission des thons de l'océan Indien (IOTC en anglais)

(4) Commission des pêches du Pacifique occidental et central (WCPFC en anglais)

(5) Commission interaméricaine du thon tropical (IATTC en anglais)

(6) Total admissible de captures

(7) Rendement Maximum Durable

 

ÉLÉMENTS CLÉS

  • L’espadon est une espèce très appréciée sur le marché.
  • Les stocks du Pacifique, de l’océan Indien et celui de l’Atlantique Nord sont estimés en bon état.
  • Le stock de l'Atlantique Sud est estimé dégradé et surpêché et celui de la Méditerranée reconstituable (ou en reconstitution).
  • L’espadon est principalement capturé à la palangre, ce qui peut entraîner des prises accidentelles d’autres espèces (requins, tortues marins, oiseaux marins).
  • Une taille minimale de capture est définie en Atlantique et en Méditerranée.

RECOMMANDATIONS D'ACHATS

➜ À privilégier : stock de l’Atlantique Nord.

➜ À consommer avec modération : stocks du Pacifique, stock de l’océan Indien (stocks en bon état mais mesures de gestion faibles).

➜ Privilégiez les individus ayant une LJFL > à 168 cm (stocks du Pacifique), > à 180 cm (stock de l'Atlantique Nord), > à 170 cm (stock de l'océan Indien) ou les grandes tranches/longes issues d’individus matures ayant eu le temps de se reproduire.

➜ Privilégiez les individus pêchés à la ligne/canne/harpon.

➜ À éviter : stock de l’Atlantique Sud, stock de la Méditerranée.